AGRONOMIE ET NUTRITION DES PLANTES > Engrais et maladies des plantes
Des relations entre la fertilisation et l’augmentation ou la diminution de l’apparition de maladies des plantes sont certes connues, mais encore inexplorées dans le détail. On ignore en grande partie si et comment l’alimentation a un effet d’agression dans le sol ou sur la plante (en application foliaire).
En général, il est admis qu’une plante suffisamment approvisionnée en éléments nutritifs ne manifeste pas de stress d’alimentation et peut ainsi mieux tolérer, dans une certaine mesure, d’autres situations de stress comme par exemple le froid, le manque d’eau, ou des attaques pathogènes comparativement à une plante mal alimentée.
Parmi les éléments nutritifs majeurs, l’azote est celui qui manifeste le plus un effet de choc.
Exceptions mises à part, une alimentation en azote élevée et pratiquée isolément favorise une attaque par des pathogènes.
Ceci vaut pour les maladies mais souvent aussi pour des attaques parasitaires.Pour cet effet négatif, on cite comme causes:
- une croissance prolongée, des tissus turgescents lâches, à parois minces avec de larges espaces intercellulaires, et conditionnés par une densité,
- une humidité relativement élevée dans la culture,
- des constituants internes solubles contenant une proportion plus élevée en azote.
Il est possible que la diminution de la teneur en certains constituants phénoliques internes influence négativement les réactions de défense de la plante . Pourriture (molle ) de la feuille et de la tige de la pomme de terre, oïdium des céréales et des fruits, rouille des céréales, tavelure de la pomme, pucerons, viroses sont des exemples de l’influence de l’azote.
La fertilisation potassique, à l’inverse, a un effet d’augmentation à la résistance. Ainsi dans certaines limites, la résistance au froid est améliorée et la sensibilité aux attaques de champignons et bactéries est diminuée (par exemple la rouille, l’oïdium). Ces résultats reposent sur des effets qui sont opposés à ceux de l’azote.
Avec un bon approvisionnement en potasse, les parois cellulaires et les cuticules sont renforcées, la rigidité est augmentée et la formation de suber vulnéraire peut être stimulée.
Une bonne alimentation en potasse contribue ainsi à rendre plus difficile la pénétration des facteurs d’agression.
De plus le potassium régule la teneur en eau des tissus, de sorte qu’il ne peut pas être fait obstruction à l’eau.
Comme autre cause de l’effet de l’augmentation de résistance de la potasse, on parle de la diminution de la teneur en azote soluble contenue dans les liaisons par des apports croissants de potasse. Le rapport N / K semble être d’une importance particulière pour la capacité de résistance des plantes.
L’alimentation des plantes en phosphate a moins d’effet sur la résistance que l’alimentation en azote et en potasse. L’effet du phosphore semble de plus être fortement dépendant du rapport de l’azote et de la potasse.
Pour les maladies fongiques, il est admis – encore qu’il y ait des exceptions - qu’un meilleur état de nutrition favorise plutôt certaines maladies en présence de parasitisme obligatoire (effet associé), mais que d’autres maladies sont plutôt freinées en présence de parasitisme facultatif. Les virus se rangent à ce schéma : des conditions de nutrition optimales pour la croissance de la plante garantissent aussi la meilleure synthèse des virus.
Pour quelques nématodes, leur invasion et leur multiplication est le plus souvent favorisée par une forte fertilisation, les temps de développement étant de ce fait raccourcis.
Pour les acariens et les insectes phytophages, les rapports sont contradictoires.
L’attaque de nombreuses plantes par des parasites est manifestement influencée de manière particulièrement complexe par la fertilisation.
Il y a des exemples de maladies favorisées ou freinées qui peuvent être limités à des stades de développement déterminés de parasites.
En outre, la mortalité et (indirectement) les comportements sexuels peuvent être influencés par la fertilisation.
A côté des interactions entre alimentation en éléments nutritifs et maladies des plantes, des interactions existent également entre l’effet physiologique des engrais et l’infestation par des pathogènes des plantes.
Il est connu que par l’utilisation d’engrais physiologiquement acides comme par exemple le sulfate d’ammoniaque, l’infestation des pommes de terre par Streptomyces scabies (gale commune) peut être réduite. Au moyen de l’élévation des pH dans la rhizosphère par application d’engrais ayant un effet physiologique alcalin, par exemple à base de chaux, l’infestation du colza et d’autres crucifères par Plasmodiophora brassicae (hernie du chou) peut être réduite.
